Une vision transpersonnelle de l’Ennéagramme

Nous avons profité de cette rubrique non seulement pour préciser certains mots mais aussi pour restituer l’ennéagramme dans un contexte plus large, celui de la psychologie transpersonnelle.

Psychologie Transpersonnelle

La psychologie transpersonnelle considère l’homme dans une perspective dynamique. Le « grand-père » du transpersonnel est Carl G. Jung, et parmi ses porte-paroles contemporains on retrouve Roberto Assagioli, Viktor Frankl et le français Robert Desoille, Ken Wilber, Stanislas Grof, Michel Random et d’autres écrivains ayant procédé à la recherche sur la conscience.

Par définition, la psychologie transpersonnelle est la branche de la psychologie qui s’intéresse à la conscience dans toutes ses manifestations. La psychologie transpersonnelle accepte tout ce que la psychologie contemporaine a à offrir, tout en continuant à poser des questions sur le potentiel intérieur de l’homme. « Le point de vue transpersonnel consiste à considérer la conscience « normale » comme un état de conscience réduit provenant d’une réaction défensive » (Roger Walsh et Francis Vaughan, Transpersonal Psychotherapy).

La psychologie transpersonnelle est moins une sous discipline de la psychologie qu’elle est une enquête multidisciplinaire visant à une compréhension holistique de la nature humaine.

L’ennéagramme dans l’étude de la conscience

L’ennéagramme, lui, n’est que le premier point de départ dans l’étude de la conscience. Il propose une carte, à partir de laquelle une discussion sur la conscience peut commencer.

L’image

L’image est la couche de notre vie intérieure la plus superficielle. L’image est facilement adaptable, quel que soit notre type sur l’ennéagramme. Plus nous allons profond à l’intérieur de l’être, plus les niveaux deviennent rigides et moins adaptables.

La persona

Extrait de « Qu’est-ce que le Transpersonnel » de Marc Alain Descamps, Editions Trismégiste
Persona, en latin, signifie masque d’acteur au théâtre. Les acteurs grecs et latins jouaient avec un masque de cuir ou de bois sur la figure. Il leur servait essentiellement de porte-voix et leur permettait de se faire entendre dans un amphithéâtre à ciel ouvert de 20.000 spectateurs. Per-sona : les sons passent à travers. Personnare signifie retentir, résonner. En étrusque, persum signifie aussi masque, visage. Par la suite, ces masques représentaient le rôle de l’acteur : jeune ou vieux, triste ou gai.
La persona, -à la fois l’image et les rôles que nous jouons- est mouvante, mais plus consistante que l’image. Déjà , il est question de préférences. Nous avons de multiples masques que nous pouvons porter avec un minimum d’intention et d’effort.

Le tempérament

« Ensemble des réactions fonctionnelles d’un individu, caractérisées par l’action prédominante d’une humeur. D’après Hippocrate, il existe chez l’homme quatre tempéraments prépondérants : sanguin, bilieux, lymphatique, nerveux. »
Nous pénétrons dans une couche où les automatismes individuels sont plus forts et souvent récurrents.

La personnalité

A ce niveau là , il est beaucoup plus difficile de changer. Pour ma part, je considère la personnalité comme un mode de fonctionnement profondément ancré. Oui, la personnalité peut se transformer, mais les thérapeutes savent bien que ce changement demande du temps, de l’effort et une forte motivation.

La pulsion instinctive

A ce niveau, l’impression de l’ego est encore plus forte. Si la plupart des auteurs considèrent que notre pulsion dominante peut être nuancée par le vécu de notre petite enfance, il semble néanmoins que cette pulsion demeure la même tout au long de notre vie. Évidemment, le poids de cet ancrage pourra être allégé par le vécu et/ou l’intention de travailler en développement personnel sur cette pulsion.

Le caractère

A l’origine, signe utilisé dans l’écriture ou l’impression. Par extension, marque distinctive essentielle, voire ensemble des traits psychiques propres à un individu. L’individu lui-même.
A ce niveau, la fixation (la cristallisation de nos automatismes) est à son paroxysme. Indépendamment du niveau d’évolution de chacun, il s’agit là de la définition de l’ego avec sa perspective du monde et son système de valeurs qui définissent les types de l’ennéagramme. La plupart des auteurs de l’ennéagramme considèrent que le type se définit au moment de la naissance (ou immédiatement après) et ne change pas tout au long de la vie.

La conscience

Conscience : sentiment d’exister
Dans la psychologie transpersonnelle, le niveau suivant s’appelle la conscience. Alors que toutes les strates de l’artichaut d’un individu peuvent être considérées comme des niveaux de conscience successifs, nous considérons qu’il y a une forme de Conscience qui comprend le monde avec une vision globale. Nous vous renvoyons à la plupart des auteurs trnaspersonnels dont Stanislas Grof, Graf Dürckheim, Teilhard de Chardin, Arnaud Desjardins ou Michel Random.
En clair, la conscience unifiée est une conscience non duelle, sans limites, où l’individu s’identifie et ne fait plus qu’un avec l’univers. Plus on redescend vers les strates « inférieures », plus il y a une différentiation croissante entre ce qui est « moi je » et ce qui n’est pas « moi je ». Quand quelqu’un atteint un certain niveau, l’individu s’identifie avec le monde archétypal, avec l’inconscient collectif de Jung et avec les phénomènes transpersonnels et métaphysique. La personne fait l’expérience d’instants qui transcendent les notions de temps et d’espace et reçoit une inspiration provenant d’au-delà d’elle-même (le super-conscient de Roberto Assagioli) et de la profondeur intérieure (essence). Dans cet état d’être, l’individu transcende une conscience individualisée du Soi et expérimente le Soi comme étant plus que son petit « moi je » où la vie est vécue comme une mythologie (voir les travaux de Joseph Campbell ou de Carl G. Jung).

L’essence

Essence : le soi profond et véritable. Dans cet état, la notion du Moi s’est évaporée.
Wilber parle de niveau existentiel où il n’est plus question que du sens de la vie. Cette quête vers l’accomplissement de l’être était définie par Abraham Maslow comme: « Tous, nous avons une envie d’accomplir notre potentiel, de nous réaliser. Cela nous pousse vers la découverte et la réalisation de notre être le plus évolué et le plus authentique comme un stress vers notre intégration dans l’univers, vers un état d’unité. Comme résoudre une dichotomie dans une unité supérieure, plus inclusive, guérissant les divisions de la personne et la rendant plus unifiée. Une impulsion à être le plus réalisé, le meilleur que ce que l’on serait capable de devenir. »

Gardons à l’esprit que l’évolution de la conscience de l’image a l’essence n’a rien de linéaire. Par moments, il y a des instants de transcendance, où l’on peut d’un seul coup avoir accès à l’essence.
Dans son ouvrage No Boundary, Ken Wilber fait l’analogie suivante: les différents niveaux se mêlent, comme des vagues de l’océan. Chaque vague est certainement différente de toutes les autres … si vous surfiez, vous pourriez sélectionner une vague particulière, la prendre, monter dessus, et la suivre en fonction de votre agilité … Chacun des niveaux que nous venons d’évoquer est comme une vague particulière, et donc nous pouvons « prendre » l’une ou l’autre avec la bonne technique et suffisamment de pratique.
La conscience unifiée, cependant, n’est pas tellement une vague particulière que l’eau elle-même. Il n’y a pas de limites, pas de différence, pas de séparation entre l’eau et aucune des vagues.

définitions extraites de l’article de Paula Raines paru dans Enneagram Monthly, Déc. 2001

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